Islande

Il y a de ces endroits que l’on n’oubliera jamais. L’Islande fait partie de cette catégorie. Six mois plus tard ses paysages continuent de me hanter, un peu comme une sorte de réminiscence venue d’une quelconque rêverie aux couleurs froides. Car la lumière de ces contrées lointaines est incroyablement difficile à restituer. Ces paysages lunaires où coulent lave et vapeurs de souffre semblent obstinément refuser de se laisser photographier. Devant l’immensité de l’espace, le paysage devient écrasé, lourd et – pour une rare fois – absolument impossible à restituer sauf par l’œil humain et le contact de l’humidité de la brise arctique. Plusieurs mois plus tard j’en suis encore à trier des milliers de photographies. Devant l’immensité du vide, les souvenirs s’en retrouvent brouillés. Étais-je vraiment là-bas? Parce que si oui, il faudrait si longtemps pour apprivoiser ce pays des glaces. Devant ces clichés, les souvenirs se brouillent déjà mais rappellent une grande amitié franco-québécoise qui s’est maintenue depuis plusieurs années entre deux continents.

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